jump to navigation

De ce qui traverse le temps 18 décembre 2009

Posted by Eric in Non, rien, Politique, Wouah!.
add a comment

Il y a 30 ans :

A tout instant, vous avez le choix entre un nombre extraordinaire de possibilités quant à l’interprétation des faits et leur utilisation comme preuve d’une réalité. Il n’est guère possible d’entrer dans une librairie (voire dans une épicerie ! ) sans tomber sur des livres sur la voyance, la perception extra-sensorielle, les OVNI, le triangle des Bermudes, l’astrologie, la radiesthésie, le débat évolution/création, les trous noirs, les champs psi, le “biofeedback”, la médiation transcendantale, les théories à la mode en psychologie… Dans les domaines scientifiques, des débats très animés ont lieu sur la théorie des catastrophes, la théorie des particules élémentaires, les trous noirs, la vérité et l’existence en mathématiques, le libre arbitre, l’intelligence artificielle, l’opposition holisme/réductionnisme… Plus quotidiennement et plus pratiquement, on s’affronte sur l’efficacité de la vitamine C ou du laétrile, sur la taille réelle des réserves de pétrole (tant souterrain que stocké), sur les causes de l’inflation et du chômage, etc.  Sans oublier le bouddhisme zen, les paradoxes de Zénon, la psychanalyse, et tutti quanti. Depuis des problèmes aussi triviaux que l’endroit où des livres devraient être rangés dans une librairie jusqu’à des questions aussi vitales que ce qu’il faut enseigner aux enfants dans les écoles, les façons d’interpréter les faits jouent un rôle dont nul ne peut surestimer l’importance.

Douglas Hofstadter, Gödel Escher Bach, les Brins d’une Guirlande Eternelle

J’ai graissé la première et la dernière phrase, dont l’actualité politico-médiatique nous submerge d’exemples, et quelques expressions dans le corps du texte, dont les sujets sont prégnants aujourd’hui.

Chute du mur 9 décembre 2009

Posted by Eric in Futur?, Philosovie.
2 comments

Je viens de lire le billet intitulé Récession, freelance & réseaux sociaux sur Transnets, et il a déclenché dans mon esprit une cascade de petites réflexions (je rajoute l’adjectif “petites” pour pouvoir conserver “cascade” qui passe quand même bien mieux que “ruisseau”).

Tout d’abord ça m’a fait penser à quelque chose qui m’est passé sous les yeux il n’y a pas longtemps : l’expression “pro-ams”. Je l’ai vue pour la première fois dans un billet de Fred Cavazza, et la formulation m’a marqué par son caractère intuitif et très évocateur. On trouve quelques éléments sur Wikipedia. La notion telle qu’intuitée à partir du mot me suffit pour l’instant, je n’en creuse pas la définition. Et d’ailleurs je vais même, pour simplifier, regrouper les freelance, les pro-ams, les indépendants sous la même bannière (mais pas les autonomes, Francis Pisani utilise le terme dans son billet, je le réserve pour une prochaine réflexion sur un mode de vie bien plus alternatif). Il serait sans doute intéressant, cependant, de caractériser qui, quels types et quelles formes d’activités peuvent désigner précisément ces termes.

Je m’étais alors interrogé sur l’origine de cette émergence des pro-ams / indépendants / freelances par et sur le web, car j’avais, et j’ai toujours, le sentiment d’une certaine tendance de fond. Dans son billet sur Transnets, Francis Pisani évoque trois facteurs possibles et complémentaires :
- c’est une solution de rebond pour ceux qui ont perdu leur emploi en ces temps de crise,
- c’est également l’expression d’un “basculement social de fond”, car la notion de confiance envers l’employeur qui fournit une sécurité s’érode,
- c’est aussi pour certains une façon de vivre et de gagner sa vie plus naturelle ou plus naturellement recherchée que d’autres, le salariat par exemple.
La technologie (internet en général, les réseaux sociaux plus récemment) catalyserait alors ces trois courants ; les possibilités qu’elle offre, entre autres pour lier des communautés, en serait une cause importante.
Je n’ai pas la même intuition. Ou, pour être plus exact, mon intuition diffère un peu de ce que j’interprète dans le billet en question (je précise, car je ne suis pas certain de ma lecture).

Pour moi, le troisième courant prime sur les deux précédents. En volume, en réussite, en intensité dans la démarche.
En fait, je dis des bêtises.
Les trois sont intimement liés.
En premier lieu je rejoins le “basculement social de fond”, et pousse un peu plus loin : en plus de la crise de confiance, ajoutons la crise du sens (“en fait, ce que je fais, ça sert à quoi ? hmm, et j’en pense quoi ?”), les deux s’auto-alimentant probablement. La perte d’emploi en est une conséquence pour certains, dont une part cherche à rebondir en se mettant à leur compte, en freelance. Enfin, pour d’autres cela alimente le sentiment d’appel vers un statut d’indépendant.
Là où mon intuition diffère de ce que je comprends dans le billet de Francis, c’est sur la répartition entre les deux. Dans les commentaires vincent oppose les “indépendants de coeur” aux “indépendants de contrainte” : je perçois dans le billet que les premiers ne sont pas les plus nombreux, or j’ai le sentiment que c’est le contraire, et de beaucoup. En volume, en réussite, en intensité dans la démarche.
Peut-être cela fait-il un premier angle d’attaque pour travailler la distinction entre pro-ams et indépendants ou freelance.

Je reviens à un autre point, celui de la technologie comme accélérateur de la tendance. Je n’avais pas vu l’aspect communauté, si important, comme c’est doublement souligné dans le billet par un renvoi vers Gina Trappani, pour les indépendants. J’avais pensé à quelque chose d’autre, qui vient en complément.

Quand je m’imagine, seul ou en discutant avec des amis, lancer une activité, je me heurte rapidement à des “ah oui mais il faudrait savoir ça”, “il faudrait connaître quelqu’un qui sait faire ça”. Dans beaucoup de cas en effet les connaissances et les savoir-faires sont éparpillées de par le monde. Qu’écris-je, “étaient” éparpillées de par le monde ! Ce qui nécessitait, pour les réunir, les touiller, et en faire émerger une construction, une innovation, de la valeur, des moyens importants.
Désormais, internet et les réseaux sociaux permettent de mettre bout à bout de petits morceaux de savoir et de trouver des compétences avec bien moins de moyens au départ. Et par là-même diminuent l’extraordinaire niveau de volonté nécessaire pour se lancer : les obstacles sont moindres. On pourrait d’ailleurs aller plus loin que les savoirs et les savoir-faires : certaines fonctions indispensables à l’activité professionnelle sont devenues bien plus accessibles, je pense à la communication ou aux achats par exemple.

Il faudrait décortiquer cela. Mais je vais tout de même m’arrêter là : c’est un premier pas, une première brique. J’espère m’en resservir et l’affiner. Peut-être après avoir lu ce papier, The Porous Enterprise, de Georges Nahon et Mark Plakias.

Connexion de quelques idées 6 décembre 2009

Posted by Eric in Non, rien.
add a comment

J’ai eu récemment plusieurs échanges avec des amis au sujet de ce que nous reprochions à l’enseignement des grandes écoles tel que nous l’avons vécu. Parmi d’autres, un point est ressorti : le manque d’ouverture vers des modèles de vie professionnelle différents de celui de la grande entreprise ; ou plutôt, l’aiguillage presque aveugle vers ce modèle.

On objectera que c’est le rôle de l’institution, le but du cursus, que d’autres écoles préparent aux fonctions publiques, à la recherche, aux différentes professions libérales, à l’entreprenariat… Certes. Alors peut-être devrait-on s’adresser le reproche à nous-même : confiance aveugle, manque de recul, questionnement insuffisant ; on n’a pas compris où on était vraiment, en somme.

Finalement, cette interrogation qui nous anime actuellement, et qui arrive peut-être 1 à 3 ans après les débuts professionnels, n’a rien d’étonnant. Il faut ce temps pour comprendre que la trajectoire prise n’est ni inéluctable, ni indiscutable. On cherche alors comprendre ce qui nous y a entraîné, puis en un sens, à y soustraire notre responsabilité.

Revient alors le temps de la discussion plus profonde, plus constructive : et maintenant ?
On s’interroge sur le sens de cette vie qualifiée de professionnelle et ses paramètres -maintenant pour nous- indissociables : dans le meilleur des cas un vrai intérêt pour le sujet mais rarement une passion, une profonde lassitude qui émerge au fur et à mesure que la courbe d’apprentissage et de découverte devient asymptotique, la nécessité de jouer le jeu des réseaux et du compromis -voire de la compromission- pour évoluer vers des périmètres et des responsabilités intéressantes. On ne peut y plonger pleinement, le qualificatif doit être maintenu : ce n’est pas notre vie, c’est notre vie professionnelle, celle où l’on produit en échange d’une rémunération. On sent la frustration que cette distinction amène petit à petit, et on aimerait l’estomper : pour cela, il faudrait se dédier à une cause, un sujet, un domaine, un espace qui nous animerait profondément, tant par la méthode que dans sa finalité. Alors notre travail, notre production, nos réalisations rejoindraient tout à fait notre vie pour en être une partie intimement plus intriquée.

Peut-être que le sens que nous cherchons, il est là. Ou nous fourvoyons-nous ?

Certains disent souffrir de ce manque  d’unité et de sens dans les briques qui constituent leur vie aujourd’hui : le fractionnement même les gênent. D’autres jurent qu’ils ne s’épanouiront pas dans le travail, et s’accomodent donc parfaitement de ce modèle. D’autres encore sont effrayés à l’idée de se lancer tout entier dans un domaine qui accaparerait leur énergie, et voient la frontière qu’incarne l’adjectif comme une protection pour maintenir l’équilibre au sein de leur existence. Je me sens plutôt faire partie de la première catégorie, ou de la dernière. Probablement des deux.

Mesurons-nous seulement le privilège d’une situation qui permet et amène une telle réflexion ?

Définir le référentiel 20 novembre 2009

Posted by Eric in Philosovie.
add a comment

Ce n’est pas un signe de bonne santé d’être bien adapté à une société profondément malade.

Jiddu Krishnamurti

Vu dans Courrier International, hors-série, La vie meilleure : mode d’emploi.

De l’autre côté du mirroir 14 novembre 2009

Posted by Eric in Philosovie.
add a comment

Les valeurs du snob ne sont peut-être pas les nôtres mais elles ne nous sont pas étrangères au point de nous échapper complètement. La preuve en est que nous nous jugeons toujours fort capables de dépister un snob. Nous perçons à jour son affectation de spontanéité et d’originalité. Nous devinons quels phénomènes de contagion littéraire et sociale ont opéré sur lui. Nous voyons bien quels supports, toujours insuffisants, il se cherche dans l’histoire, l’esthétique et la poésie ; nous ne nous arrêtons jamais aux excuses qu’il allègue, aux sympathies irrésistibles, ou au contraire à l’arrivisme cynique dont il cherche à recouvrir l’essence ineffable, irrationnelle et pourtant familière du snobisme.

René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque

Ouch.

Into the limelight 4 novembre 2009

Posted by Eric in Non, rien.
add a comment

Pour se rapprocher de Dieu, il faut beaucoup pécher.

Raspoutine

Téléportation 2 novembre 2009

Posted by Eric in Futur?.
add a comment

Une idée que j’ai retenue d’une conférence de Luis Alberola sur l’impact dans et sur l’entreprise de l’évolution des réseaux sociaux numériques :

  • ils offrent de nouvelles façons de formaliser le savoir (exemples : slideshare, TED, seesmic, les blogs, google docs)
  • ils sont de nouveaux outils de communication, synchrone et asynchrone (exemples : twitter, socialtext, wave, raindrop)
  • ils permettent de créer et de se forger une ‘identité numérique, notamment professionnelle (exemples : LinkedIn, Viadeo, Xing)
  • la conjonction des trois fait apparaître une nouvelle forme d’entreprise, ou plus précisément de nouvelles formes de ce que pourraient être les “ressources humaines”

A méditer, peut-être.

Pour aller plus haut 1 novembre 2009

Posted by Eric in Futur?.
add a comment

Mes lectures du moment [edit] 31 octobre 2009

Posted by Eric in Non, rien.
add a comment

Dan Simmons, Ilium

Douglas Hofstadter, Gödel Escher Bach

René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque

Andrew Tanenbaum, Réseaux, 4è édition

Dambisa Moyo, L’aide fatale
[edit] Deux commentaires que je trouve intéressants :
- Un article de Jean-Michel Severino dans le Monde : ici
- Un mot sur Econoclaste : ici

Pelote 31 octobre 2009

Posted by Eric in Wouah!.
add a comment

Lu dans Gödel Escher Bach de Douglas Hofstadter :

Alonzo Church et Stephen C. Kleene : Il n’existe aucun système de notation de nature récursive capable de donner un nom à tout ordinal constructif.